Elevée au rang de collégiale, l’église connut une grande renommée ; pèlerinages et processions se succédèrent. Il fallut organiser tout cela et c’est ainsi que les autorités ecclésiastiques instaurèrent à Seclin un collège de chanoines

(20, environ) chargé d’administrer les lieux et de célébrer les offices, à Seclin mais aussi dans les paroisses qui dépendaient de Seclin. Quatre dignitaires avaient la responsabilité de ce collège de chanoines ; dans l’ordre hiérarchique il y avait le Prévôt, puis le Doyen, ensuite le Chantre et l’Ecolâtre. Le prévôt était le personnage principal mais le doyen, qui le secondait, disposait de beaucoup de pouvoirs ; le chantre avait la charge du chant liturgique et le chœur de la collégiale était son domaine. Quant à l’écolâtre, il veillait au bon déroulement des études dispensées dans l’enclos canonial. Car, en effet, le développement du culte à saint Piat et l’accroissement du personnel (il y avait aussi des vicaires, des chapelains et des officiers laïques) avaient eu pour effet d’étendre le périmètre où régnaient les chanoines. Dans l’enclos canonial se trouvaient, outre la collégiale et son cloître, la maison du prévôt, celles d’autres religieux, une ferme, une brasserie, des bâtiments divers et une école. Les chanoines disposèrent même du pouvoir de frapper une monnaie, les méreaux, à l’effigie de saint Piat.Cette organisation dura environ 8 siècles et c’est la Révolution qui y mit fin. Le dernier prévôt, Louis-François de Carondelet, natif de Thumeries, siégea aux Etats-Généraux, à Versailles. Il habitait dans le bel hôtel particulier que l’on peut encore voir au n° 6 de la rue de l’Abbé Bonpain. Un décret du 12 juillet 1790 mit fin, dans le royaume, aux chapitres des chanoines et aux chapellenies.